>Maëna<
Chapitre 1
Le commencement
Maëna prit la jaÿa, un récipient destiné à contenir de l‘eau. En soupirant, elle se mit en route, pensant aux quelques lieues qu'elle allait devoir faire à pied. Elle marcha longtemps, longtemps, puis finalement franchit la lisière de la forêt. Au loin se découpait la silhouette massive d'une gigantesque chaîne de montagnes, l'Aragia. Traversant la forêt, évitant les branchages qui s'accrochaient à sa manche, Maëna espéra mentalement qu'elle ne tomberait pas sur un serpent. Le soleil, qui était bas dans le ciel lorsque la jeune fille avait entreprit son trajet, était maintenant presque à son zénith.
Enfin, Maëna s'éloigna du sentier, et prit un chemin beaucoup plus petit. Elle parcourut quelques mètres, puis s'agenouilla, épuisée. Elle était enfin arrivée.
En face d'elle se trouvait un ruisseau charriant des galets blancs. Pensivement, elle prit un des galets entre ses doigts, puis l'appuya contre son visage. La fraîcheur du cailloux lui fit du bien. Après quelques minutes, elle rejeta la pierre d‘un blanc crayeux, puis se décida à boire. L'eau était fraîche, limpide, et incroyablement pure.
C'est pourquoi beaucoup d'elfes aimaient la boire, et Maëna, au lieu de prendre de l'eau dans la misérable rivière près du village, allait jusqu'ici au moins une fois par semaine, parce qu'il n'y avait pas d'autre endroit où l'eau était aussi délicieuse.
La jeune fille trempa ses mains dans l'eau froide, et s'arrosa généreusement. Puis, elle se leva, croulant sous le poids de la jaÿa remplie, et refit le chemin en sens inverse.
Sur le chemin du retour, Maëna aimait grimper sur un petit promontoire, même si cela lui faisait faire un petit détour. Aujourd'hui ne fit pas exception à la règle : elle se dirigea vers un roc d'une couleur gris cendré, et s'assit, ramenant ses jambes vers elle, sa jaÿa pleine d'eau à côté d'elle.
D'ici, on pouvait voir Hyrtak, un village d'elfes niché au cœur de la montagne. Maëna regarda les petites chaumières, observant les toits et les murs faits de chaume et de paille. De là-haut, les maisons n'étaient pas plus grande qu'une tête d'épingle. Résignée, Maëna entama la descente, puis parvint au village.
Dès qu'elle se retrouva dans la grande rue, elle entendit quelqu'un s'approcher d'elle. Elle fit rapidement volte-face.
- Maëna !
Une grande silhouette élancée se précipitait vers elle. Des cheveux blonds, relevés avec une fine branche de cerisier, des yeux immenses ressemblant à deux saphirs, cela ne pouvait être que Juna, la meilleur amie de Maëna. La nouvelle venue enlaça amicalement sa camarade.